• Adeline Weber

Les logiciels métier des professionnels de la santé

Il s'agit du premier élément de l’e-santé que nous allons présenter afin de vous faire découvrir les coulisses des métiers de la santé.


Logiciel santé - Médecin ordinateur

Que sont les logiciels métier au sein de la santé ?


Tout d’abord, ce sont des outils ou des supports au service des professionnels de santé. Aujourd’hui, ils sont jugés incontournables au sein des établissements de santé pour améliorer la qualité des soins.


Ces systèmes d’information permettent :

  • De disposer des données cliniques générées au cours de la prise en charge dès lors qu’elles sont recueillies sous un format standardisé. Elles deviennent alors une ressource fiable et accessible pour suivre l’évolution au long cours d’un malade, améliorer les processus de prise en charge, générer des analyses et évaluations, générer de nouvelles connaissances, etc...

  • De favoriser la communication et la coordination des soins permettant au bon professionnel d’accéder, là où il délivre les soins, à la bonne information, au bon moment, pour le bon patient.

  • D’accéder aux éléments de bonne pratique en cours de consultation en fonction du profil du patient pour s’assurer que les décisions s’appuient sur les meilleures preuves actuelles.

C’est dans ce sens que la Haute Autorité de Santé (HAS) établit la procédure et le référentiel de certification des logiciels dit LAP et LAD. De plus, elle propose aux professionnels de santé des outils adaptés à l’amélioration de la qualité de l’information médicale et des soins.


Quel est le rôle de la certification des logiciels métier ?

 

Premièrement, définissons les termes LAP et LAD :

  1. LAP (Logiciel d’Aide à la Prescription) : Logiciel dont au moins une des fonctions permet d’élaborer et d’éditer les prescriptions médicales.

  2. LAD (Logiciel d’Aide à la Dispensation) : Logiciel dont au moins une des fonctions permet l’enregistrement d’une dispensation de médicaments (analyse des prescriptions, conseil de délivrance des médicaments)


 

Certification logiciel métier santé

La certification est un passage obligatoire puisqu’elle participe à l’amélioration des pratiques. Elle garantit la conformité des logiciels à des exigences minimales en termes de sécurité et elle facilite le travail de l’utilisateur.

Par ailleurs, ses objectifs sont nombreux et permettent notamment de réduire le risque iatrogénique, c’est-à-dire un trouble ou une maladie provoquée par un acte médical ou par les médicaments. Mais aussi, d’améliorer l’efficience de la prescription et de diminuer le coût du traitement à qualité égale.


Toutefois, les bases de données sur les médicaments (BdM) jouent un rôle primordial dans la certification des logiciels métier. En effet, les fonctions de sécurité de ces derniers ne sont garanties que si l’information sur les médicaments est de qualité.


Quels en sont les acteurs ?


Autour de la certification des logiciels métier, plusieurs acteurs sont en chargent d’appliquer ou de faire appliquer les normes en vigueur. La garantie d’un logiciel conforme et sécurisé pour le domaine de la santé est capitale.


On retrouve, tout d’abord, la HAS qui établit la procédure de certification. En d’autres termes, elle définit les exigences fonctionnelles pour les logiciels et les modalités de vérification de ces exigences. Par ailleurs, elle ne délivre pas la certification mais délivre l’agrément au BdM.


Ensuite, il y a le Comité français d’accréditation (Cofrac) qui, lui, accrédite les organismes certificateurs au regard de la norme ISO/CEI 17065.


Les organismes certificateurs sont, eux, des sociétés de droit privé qui certifient les logiciels et délivrent le certificat au client de certification.


On poursuit donc avec les éditeurs, appelés aussi les clients de certification. Ce sont eux qui ont la responsabilité de garantir que les exigences de certification sont remplies et ce sont également à eux de demander la certification de leur logiciel. Sont concernés par cette démarche, les éditeurs de LAP en médecine ambulatoire, de LAP hospitalier, de LAD d’officine et de LAD de pharmacie à usage intérieur (PUI).


Et pour finir, les utilisateurs de LAP ou LAD sont invités à déclarer tout incident ou événement à l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). De plus, toute suspicion de non-conformité à une certification logicielle peut être signalée à l’organisme qui a délivré le certificat au logiciel.


C’est ainsi que le rôle de la certification des logiciels métier est de faciliter le travail des utilisateurs et de favoriser la conformité réglementaire de la prescription et de la dispensation.


Mais ce n’est pas tout ce qu’on peut retrouver en lien avec les logiciels métier. L’avancée technologique permet d’expérimenter de nouveaux modules et permettre l’amélioration continue.


Les DataSets de Bonnes Pratiques (DSBP)


Dans un premier temps, comprenons ce que sont les DSBP. Il faut savoir qu’un DataSet comprend un jeu de données cliniques, limité en nombre (en pratique entre 5 et 10 données) auxquelles sont associés des mémos, des alertes, des fiches patients, des indicateurs de pratique et des documents de coordination dématérialisés.


La HAS les a expérimentés entre 2013 et 2015. L’enjeu était de structurer et standardiser un minimum de données dans les logiciels métier pour être capable de les réutiliser au cours des soins. Les DataSets permettent de suivre l’évolution au long cours d’une maladie chronique, d’accéder aux éléments de bonne pratique en cours de consultation (mémos, alertes) et de produire des indicateurs de pratiques cliniques (qualité).


L’objectif étant d’apporter des informations récentes sur les bonnes pratiques aux médecins et d’assurer le recueil d’informations tout au long du parcours de soins.


Les documents de coordination


A travers ces logiciels métier, on identifie un nouvel élément que sont les documents de coordination. Il s’agit là, de documents de synthèse de la prise en charge des patients permettant d’assurer la coordination des soins entre les professionnels de santé prenant en charge un même patient mais exerçant dans des structures différentes.


Parmi les documents de coordination, on retrouve :

  • Le plan personnalisé de santé (PPS) : il s’agit d’un plan d’action concernant les personnes âgées en situation de fragilité et/ou atteintes d’une ou plusieurs maladie(s) chronique(s). Elles nécessitent donc un travail formalisé entre acteurs de proximité. Ce plan d’action fait suite à une évaluation globale de la situation médicale, psychologique et sociale de la personne afin d’identifier les situations à problèmes. Il débouche ensuite sur un suivi et une réévaluation.


  • Le volet de synthèse médicale (VSM) : Il est la version dématérialisée de la synthèse annuelle décrite dans la Convention nationale médicale signée le 26 juin 2011. La synthèse est élaborée par le médecin traitant pour faciliter la prise en charge de ses patients et améliorer la qualité des soins.


  • Le document de sortie d’hospitalisation supérieur à 24H : c’est un référentiel des informations relatives au séjour et nécessaires à la continuité et à la sécurité des soins en sortie d’hospitalisation qui ne crée pas de nouveau document. Il s’applique à tout document remis au patient à la sortie d’une hospitalisation supérieur à 24H et est adressé aux professionnels de santé amenés à prendre en charge le patient en aval du séjour.


  • Le dossier de liaison d’urgence (DLU) : Il doit être constitué pour tous les résidents de l’Ehpad. Il sert à améliorer les transferts d’informations utiles et nécessaires au médecin intervenant en urgence pour une prise en soins optimale du résident dans l’Ehpad ou dans un service des urgences (SU). Il permet un renforcement de la sécurité, la continuité et la qualité des soins lors des situations d’urgence et d’éviter des hospitalisations inappropriées.


Finalement, les logiciels métier des professionnels de santé ont peiné à se mettre en place malgré l’évolution technologique et numérique grandissante.

Aujourd’hui, ils sont essentiels à la bonne transmission des données médicales et de soins de façon structuré, standardisé et sécurisé. Ils bénéficient aux professionnels de santé, un gage de qualité ainsi qu’une diminution de la charge administrative.

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